Vos équipes se plaignent de douleurs au dos ou aux épaules, et vous cherchez à comprendre pourquoi certains salariés sont plus touchés que d’autres. Les troubles musculo-squelettiques (TMS) ne frappent pas au hasard. Ils résultent de plusieurs familles de facteurs qui se combinent, dont des facteurs propres à chaque personne. Cet article distingue clairement ces catégories, développe les facteurs individuels que la plupart des sources expédient en trois lignes, et montre lesquels une entreprise peut réellement travailler. Commençons par ce qui rend les TMS si particuliers : leur origine multiple.
Pourquoi les TMS ont-ils plusieurs causes ?
Les troubles musculo-squelettiques regroupent les atteintes des articulations, des muscles et des tendons, le plus souvent au niveau du dos et des membres supérieurs. Lombalgie, tendinite de l’épaule, épicondylite du coude, syndrome du canal carpien au poignet : autant de formes d’une même réalité. Ils constituent la première cause de maladies professionnelles reconnues en France : à eux seuls, ils représentent 88 % des maladies professionnelles reconnues (Assurance Maladie).
Leur particularité tient à leur origine multifactorielle. Un TMS n’a presque jamais une cause unique. Il naît de la rencontre entre des contraintes liées au travail et des caractéristiques propres au salarié, sur une durée d’exposition plus ou moins longue.
On distingue trois grandes familles de facteurs de risque :
Facteurs professionnels
Sollicitations biomécaniques (gestes répétitifs, efforts, postures contraignantes) et organisation du travail.
Facteurs psychosociaux
Stress, pression temporelle, manque de soutien, rythme de travail subi.
Facteurs individuels
Caractéristiques propres à chaque personne, de l’âge à l’état de santé.
Les 6 facteurs individuels qui augmentent le risque de TMS
Les facteurs individuels regroupent les caractéristiques propres à chaque salarié qui modulent sa sensibilité aux contraintes du travail. Ils ne déclenchent pas un TMS à eux seuls. En revanche, ils expliquent pourquoi, à poste égal, deux personnes ne développent pas les mêmes troubles.
- L’âge : avec les années, les tendons et les articulations s’usent et la récupération devient plus lente. La capacité à encaisser des efforts répétés diminue.
- Le sexe : les femmes développent davantage de TMS des membres supérieurs, en grande partie parce qu’elles sont plus souvent affectées à des tâches répétitives à cadence élevée. La différence relève donc autant de l’exposition au travail que d’une caractéristique individuelle.
- L’état de santé et les antécédents médicaux : diabète, troubles articulaires, ancienne fracture du poignet ou lombalgie déjà connue fragilisent certains tissus et favorisent la survenue de nouveaux troubles.
- La condition physique : des muscles peu préparés protègent moins bien les articulations lors d’un effort ou d’un geste répété.
- La fatigue et la récupération : chez un salarié fatigué, la vigilance et la précision du geste tendent à diminuer, et les tissus disposent de moins de temps pour récupérer. Le manque de sommeil pèse ici directement.
- L’hygiène de vie : certains facteurs comme le surpoids, le tabac ou la sédentarité sont associés à une vulnérabilité accrue à certains TMS.
Comment agir sur chaque facteur individuel ?
| Facteur individuel | Pourquoi il augmente le risque | Levier d’action possible |
|---|---|---|
| Âge | Usure des tendons, récupération plus lente | Adapter la charge, former au geste, aménager la récupération |
| Antécédents médicaux | Fragilité tissulaire préexistante | Suivi par la médecine du travail, adaptation du poste |
| Condition physique | Muscles peu préparés aux efforts répétés | Renforcement, apprentissage du geste protecteur |
| Fatigue et récupération | Vigilance et précision du geste diminuées | Organisation des pauses, alternance des tâches |
| Hygiène de vie | Vulnérabilité accrue associée au surpoids, au tabac, à la sédentarité | Sensibilisation, conseils d’hygiène posturale |
Sur quels facteurs individuels une entreprise peut-elle vraiment agir ?
Les facteurs individuels sont souvent présentés comme hors de portée de l’employeur, parce qu’on ne change ni l’âge ni les antécédents d’un salarié. Cette lecture est incomplète.
Une partie de ces facteurs relève d’un apprentissage. La façon dont une personne se baisse pour saisir une charge, engage son bassin ou sollicite sa colonne n’est pas figée : elle se corrige. C’est précisément le rôle d’une formation aux gestes et postures.
Facteurs individuels des TMS : vos questions
L’âge, le sexe, l’état de santé et les antécédents médicaux, la condition physique, la fatigue, la qualité de la récupération et l’hygiène de vie. Ils modulent la sensibilité de chaque salarié aux contraintes du travail. Pour le sexe, la surexposition des femmes aux TMS des membres supérieurs s’explique surtout par une répartition des tâches, pas par une fragilité particulière.
Non. Les TMS sont multifactoriels (INRS). Les facteurs individuels sont surtout des facteurs prédisposants : ils augmentent la vulnérabilité, mais se combinent presque toujours avec des contraintes professionnelles pour provoquer le trouble.
Oui, sur une partie d’entre eux. L’âge ou les antécédents ne se modifient pas, mais la condition physique, le geste et l’hygiène posturale s’améliorent par la formation et la sensibilisation. Le reste se gère par l’adaptation du poste et le suivi médical.
La lombalgie au niveau du dos, la tendinite et le syndrome de la coiffe à l’épaule, l’épicondylite au coude et le syndrome du canal carpien au poignet figurent parmi les plus courants.










