Accueil > QVCT > Référent santé sécurité au travail : missions, désignation et formation
Référent SST sensibilisant une équipe de production aux risques professionnels en environnement industriel

Référent santé sécurité au travail : missions, désignation et formation

Date de création : 13 mai 2026

Depuis 2012, toutes les entreprises sont tenues de désigner au moins un salarié compétent pour s’occuper des activités de protection et de prévention des risques professionnels. C’est ce qu’on appelle le référent santé sécurité au travail, parfois noté SST en interne, à ne pas confondre avec le Sauveteur Secouriste du Travail.

Ce référent est un acteur clé du dispositif de prévention, en lien direct avec l’employeur, les salariés, le CSE et le service de santé au travail. Cet article détaille les missions, les obligations légales, le profil recherché et les formations disponibles.

2012
année où la désignation devient obligatoire (loi du 20 juillet 2011)

Art. L4644-1
l’article du Code du travail qui fonde l’obligation

Toutes
les entreprises sont concernées, quelle que soit leur taille

Quelles sont les missions du référent santé sécurité au travail ?

Le référent santé sécurité au travail (RSST) est un salarié désigné par l’employeur pour l’assister dans la mise en œuvre de la démarche de prévention des risques professionnels. Sa mission est large mais structurée autour de cinq axes.

  1. 1
    Évaluer les risques professionnels. Le référent participe à l’identification, l’analyse et l’évaluation des risques pour la santé et la sécurité des salariés. Il contribue à la rédaction et à la mise à jour du Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP).
  2. 2
    Proposer des actions de prévention. À partir de l’évaluation, il propose à l’employeur un plan d’actions concret : formations (notamment formation gestes et postures pour les TMS et la manutention manuelle, ou formation PRAP pour structurer la démarche), aménagements de postes, achats d’équipements, modifications de l’organisation du travail.
  3. 3
    Assister l’employeur dans la mise en œuvre. Le référent ne décide pas à la place de l’employeur. Il l’assiste dans la mise en place des mesures retenues et dans le suivi de leur efficacité.
  4. 4
    Sensibiliser et informer les salariés. Le référent diffuse une culture de prévention dans l’entreprise. Il informe sur les risques, les bons gestes, les consignes de sécurité, les procédures en cas d’accident.
  5. 5
    Faire le lien avec les acteurs externes. Le référent est l’interlocuteur naturel pour le médecin du travail, l’inspection du travail, la Carsat, les services de prévention et de santé au travail (SPST).

Référent santé sécurité au travail animant une réunion de prévention avec opérateurs et encadrants en atelier

Pourquoi désigner un référent santé sécurité au travail ?

Une obligation légale claire

Code du travail (en vigueur depuis le 31 mars 2022)
Article L4644-1
L’employeur désigne un ou plusieurs salariés compétents pour s’occuper des activités de protection et de prévention des risques professionnels de l’entreprise. Le ou les salariés ainsi désignés bénéficient d’une formation en matière de santé au travail. À défaut, si les compétences dans l’entreprise ne permettent pas d’organiser ces activités, l’employeur peut faire appel, après avis du CSE, aux intervenants en prévention des risques professionnels (IPRP) du service de prévention et de santé au travail interentreprises auquel il adhère, ou aux services de prévention des caisses de sécurité sociale (Carsat), à l’OPPBTP, ou à l’Anact.

Cette obligation, issue de la loi du 20 juillet 2011 et modifiée par la loi du 2 août 2021 (entrée en vigueur le 31 mars 2022), s’applique à toutes les entreprises sans seuil d’effectif.

Une logique de prévention structurée

Au-delà de l’obligation, désigner un référent répond à une logique de bon sens : avoir une personne identifiée, formée et disponible pour piloter la prévention au quotidien améliore concrètement les indicateurs santé. Sans référent, les questions de sécurité restent diluées et les actions tardent.

Un appui à l’employeur

Le chef d’entreprise reste le responsable légal de la santé et de la sécurité de ses salariés (article L4121-1). Mais il ne peut pas tout faire lui-même. Le référent joue un rôle d’appui, de relais et de mémoire de la démarche.

Une protection juridique

En cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle, l’absence de désignation peut être retenue contre l’employeur dans le cadre d’une faute inexcusable. La désignation formelle d’un référent matérialise l’engagement de l’entreprise dans la prévention.

Qui peut être désigné référent santé sécurité ?

Le profil recherché

Le Code du travail ne fixe pas de profil rigide. Trois principes guident la désignation.


  • Connaissance de l’entreprise : un salarié déjà présent connaît le terrain

  • Disponibilité : la mission demande du temps régulier

  • Légitimité auprès des collègues : capacité à dialoguer avec opérateurs et direction

  • Appétence pour le sujet prévention santé sécurité

Profils typiques

Responsable QHSE

Profil naturel dans les PME structurées. Formation et expertise déjà ciblées sur la prévention.

Membre du CSE

Membre du Comité Social et Économique ou délégué du personnel, en plus de leurs missions de représentation.

DRH ou responsable du personnel

Solution courante dans les petites structures sans QHSE dédié.

Cas particulier des TPE

Dans les très petites entreprises où aucun salarié ne peut endosser le rôle, l’employeur peut faire appel à des intervenants extérieurs : IPRP (Intervenant en Prévention des Risques Professionnels) du SPST, conseils de la Carsat, ou cabinet privé spécialisé. Cette possibilité ne dispense toutefois pas l’employeur de la responsabilité finale.

Quelles sont les obligations de l’employeur ?

L’employeur doit respecter plusieurs obligations dans la désignation et le suivi du référent.

Désigner formellement le référent

La désignation doit être écrite, idéalement par lettre de mission. Elle précise :

  • L’identité du référent
  • Le périmètre de la mission
  • Le temps alloué (équivalent temps plein partiel ou plein, selon la taille)
  • Les moyens mis à disposition (budget, accès à la formation)
  • La durée du mandat

Informer le CSE

Pour les entreprises de plus de 50 salariés, le CSE doit être consulté avant la désignation. Pour les entreprises plus petites, l’information des représentants du personnel est de bonne pratique.

Donner les moyens d’agir


  • Du temps dédié à la mission, formalisé sur la fiche de poste

  • Une formation initiale adaptée au rôle

  • Un budget pour les actions de prévention

  • Un accès aux informations internes (DUERP, registres, documents techniques)

  • Une autorité fonctionnelle pour proposer et faire avancer les actions

Sanctions en cas de non-désignation

Mise en demeure

L’inspection du travail peut adresser une mise en demeure formelle à l’employeur défaillant.

Faute inexcusable

En cas d’accident grave, l’absence de désignation peut être retenue dans la procédure de faute inexcusable.

Cotisations AT/MP majorées

La Carsat peut appliquer une majoration des cotisations en cas de manquement à l’obligation de prévention.

Image dégradée

Auprès des salariés, des partenaires sociaux et des éventuels donneurs d’ordre attentifs aux indicateurs santé.

Comment devenir référent santé sécurité au travail ?

Pour le salarié pressenti : trois étapes

  1. 1
    Se positionner auprès de la direction. Le rôle suppose un volontariat éclairé : la mission peut être chronophage et politiquement sensible.
  2. 2
    Accepter formellement la mission. La lettre de désignation ou la modification de la fiche de poste matérialise l’engagement réciproque.
  3. 3
    Suivre une formation initiale. Indispensable pour maîtriser les fondamentaux : cadre réglementaire, méthodologie d’évaluation des risques, outils de prévention.

La formation référent santé sécurité au travail

Formation Durée Public Contenu
Formation initiale RSST 3 à 5 jours Tout salarié désigné Cadre légal, DUERP, plan d’actions
RSST QVCT 5 à 10 jours Profils RH ou QHSE Approche élargie incluant la qualité de vie au travail
CCP référent santé sécurité 7 à 14 jours Profils experts Certification professionnelle reconnue
Formation continue (recyclage) 1 à 2 jours Référents en poste Mise à jour réglementaire, nouvelles méthodes

Compétences clés à développer

  • Cadre réglementaire : Code du travail, jurisprudence santé sécurité
  • Méthodologie d’évaluation des risques : cotation, hiérarchisation
  • Connaissance des risques spécifiques au secteur de l’entreprise
  • Conduite de plan d’actions et suivi des indicateurs
  • Communication avec direction, salariés, médecin du travail, instances
  • Sensibilisation aux principaux risques (TMS, RPS, chimiques, accidents)

Référent santé sécurité au travail supervisant une formation à la conduite d'un transpalette électrique en entrepôt logistique

Échangez avec My Ostéo Prévention

Vous structurez la prévention santé sécurité dans votre entreprise ? Nos ostéopathes spécialisés en prévention des TMS vous accompagnent : diagnostic ergonomique, formation gestes et postures, démarche de réveil musculaire. Échangeons sur votre projet.

Nous contacter

Quels risques professionnels à évaluer ?

Le référent doit avoir une vue d’ensemble des familles de risques présentes dans l’entreprise. Les principales catégories.

Risques physiques

Manutention manuelle, postures contraignantes, gestes répétitifs (TMS), chutes, bruit, vibrations, ambiance thermique, risque électrique.

Risques chimiques et biologiques

Produits dangereux (CMR, irritants), agents biologiques (sanitaire, social, restauration), poussières (BTP, agroalimentaire, bois).

Risques psychosociaux (RPS)

Stress chronique, charge mentale excessive, conflits, harcèlement, violences, isolement professionnel, télétravail mal encadré.

Risques organisationnels

Horaires atypiques (nuit, décalés), rythme imposé ou cadences excessives, polyvalence subie sans formation adaptée.

Risques émergents

Travail sur écran prolongé, hyperconnexion, droit à la déconnexion, travail isolé ou télétravail, changement organisationnel mal accompagné.

Effet d’addition

Un risque pris isolément peut sembler acceptable. C’est l’accumulation qui dégrade durablement la santé. L’évaluation doit identifier ces combinaisons.

Le référent santé sécurité et le CSE

Dans les entreprises de plus de 50 salariés, le CSE joue un rôle central en santé sécurité, notamment via sa Commission Santé Sécurité et Conditions de Travail (CSSCT) au-delà de 300 salariés.

Articulation entre référent et CSE

  • Le référent est nommé par l’employeur. Il agit au nom de l’entreprise.
  • Le CSE est élu par les salariés. Il représente le personnel.
  • Les deux fonctions sont complémentaires, pas concurrentes.

Peut-on cumuler les fonctions ?

Oui, un membre du CSE peut être désigné référent santé sécurité par l’employeur. Cette double casquette nécessite une vigilance sur les éventuels conflits d’intérêts, mais elle est fréquente dans les PME.

Référent SSCT au CSE vs référent santé sécurité

À ne pas confondre

Le référent en matière de lutte contre le harcèlement sexuel et les agissements sexistes est désigné par le CSE et obligatoire dans toutes les entreprises avec CSE. Le référent santé sécurité est désigné par l’employeur et obligatoire dans toutes les entreprises. Les missions ne se recoupent pas, même si les sujets peuvent dialoguer.

Comment former un référent santé sécurité efficace ?

La formation initiale ne suffit pas. Un référent compétent se construit dans la durée.

Formation continue

Recyclage tous les 2 à 3 ans, modules thématiques (RPS, TMS, télétravail), formation à la conduite du changement.

Réseau et échanges

Groupes de travail sectoriels (Carsat, OPPBTP, INRS), échanges entre pairs, veille réglementaire active.

Outils professionnels

Logiciel de gestion DUERP, tableau de bord d’indicateurs, supports de communication, bases réglementaires (INRS, Légifrance).

Posture et soft skills

Écoute des salariés, pédagogie pour expliquer les enjeux, diplomatie dans les arbitrages, persévérance dans la durée.

L’accompagnement My Ostéo Prévention

Formation référent santé sécurité avec une vision médicale concrète des risques (TMS, RPS), modules thématiques, mises en situation sur cas réels, suivi post-formation. Diagnostic ergonomique mené avec le référent, démarche de prévention structurée en interne.

Demander un devis

Référent santé sécurité au travail : les questions fréquentes

Les questions que se posent les chefs d’entreprise et DRH avant de désigner un référent santé sécurité.

Non, c’est une confusion fréquente. Le Référent santé sécurité (RSST) s’occupe de la prévention globale des risques. Le Sauveteur Secouriste du Travail (SST) est formé aux gestes de premiers secours en cas d’accident. Une même personne peut cumuler les deux fonctions, mais ce sont deux rôles distincts avec deux formations différentes.

Le Code du travail parle de « un ou plusieurs salariés ». Pour les PME, un seul suffit en général. Pour les ETI ou les grands groupes multi-sites, plusieurs référents sont recommandés, parfois un par site ou par pôle.

Oui dans les TPE qui n’ont pas de salarié interne disponible. L’employeur peut faire appel à un IPRP de son SPST ou à un cabinet spécialisé. Cette option ne décharge pas l’employeur de sa responsabilité finale.

3 à 5 jours pour la formation initiale. Certaines formations certifiantes (CCP, titre professionnel) durent plus longtemps. Un recyclage de 1 à 2 jours tous les 2 à 3 ans est recommandé pour la veille réglementaire.

Oui. L’obligation s’applique sans seuil d’effectif. Dans les TPE, le chef d’entreprise lui-même peut être le référent, ou désigner un salarié volontaire et formé. À défaut, faire appel à un intervenant externe.

L’IPRP (Intervenant en Prévention des Risques Professionnels) est un expert externe enregistré auprès de la Direccte. Le référent santé sécurité est un salarié désigné par l’employeur. L’IPRP peut intervenir en appui du référent, notamment dans les TPE-PME sans expertise interne.

Ce qu’il faut retenir

La désignation d’un référent santé sécurité au travail est obligatoire dans toutes les entreprises depuis 2012. Au-delà de l’obligation, c’est un investissement structurant : avoir une personne identifiée et formée pour piloter la prévention améliore concrètement les indicateurs santé et la culture de l’entreprise.

La réussite tient à trois conditions : un profil bien choisi (connaissance terrain, légitimité, appétence), une formation initiale solide, et des moyens réels donnés pour agir.

Structurez votre démarche de prévention

My Ostéo Prévention forme vos référents santé sécurité avec une approche orientée terrain, animée par des ostéopathes et kinésithérapeutes spécialisés en prévention des TMS. Devis gratuit, intervention partout en France.

Demander un échange

Vous avez aimé cet article ?

Partagez-le sur les réseaux sociaux

Ils nous font confiance

Un homme avec une veste My Ostéo Prévention film deux personnes entrain de travailler dans les champs

Découvrez une démarche de prévention créée par des professionnels de la santé.

Certification Qualiopi

Des parcours de formation certifiés

My Ostéo Prévention s’engage dans un process qualité. C’est pourquoi nous avons obtenu la certification Qualiopi.
Nous sommes également datadocké et reconnu IPRP.

Des parcours de formation certifiés

My Ostéo Prévention s’engage dans un process qualité. C’est pourquoi nous avons obtenu la certification Qualiopi.
Nous sommes également datadocké et reconnu IPRP.